Trois petites syllabes,
Trois mots empruntés,
Trois anodines sonorités,
Pour un amour décomplexé.“I love you”
Prétexte insolite pour nous rassembler,
Ocres, pourpres, sombres et immaculés,
Toi, le brillant, plus fort que tout,
Attristé et pourtant,
Toi, l’éblouissant, plus grand que nous,
Réconforté en dedans.Pourrais-je un jour te remercier ?
Moi, l’enfant qui n’a cessé de te rêver.
Toi, le petit d’homme emprisonné.
Ce corps auquel tu ne tenais pas.
Malmené, chétif et maculé.
Esquinté comme s’il ne te convenait pas.Dans un monde fabuleux, tu t’éloignais, nébuleux.
Tu t’éclipsais à l’ombre de tes pas,
Nous donnais l’espoir à l’humeur de ta voix.
Dans ce monde si lointain, tu te retirais, mystérieux.Léger, tu glissais, fleurtais avec les anges,
Avec ceux qui te comprenaient.
Léger, comme Peter, tu nous survolais, tous,
Celui qu’on nommait Mike l’ange.Comme une lueur éternelle, au loin tu vascilles.
Fragile, imperceptible, enfin tu es paisible.I love you
We love you
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Vas-y crie, hurle,
Mais personne ne t’écoute,
Personne ne se soucie de toi.Vas-y crie, hurle,
Accuse-moi de tous tes maux,
Maudit-moi comme ceux qui se rient de toi.Si tu te caches, te dissimules,
Dis-moi qui t’entendra…Pourquoi tant de gémissements ?
Personne ne s’en chagrine.
Personne ne te prie d’arrêter.
Personne n’en sourcillle.
Encore moins en sont affectés.Un murmure, léger et musical : “C’en est assez à maintenant. “
Dans tes yeux, le broullard…A tes yeux, cette vie s’esquisse,
Mélancolique et lancinante,
Faite de bric à brac et de morceaux métisses.
Cette vie, ce brouillon qui se dessine et s’efface comme une ébauche bouleversante.Cette conclusion, tu l’as choisi,
Comme convaincu qu’une autre l’a anéanti.
Loin de nous, triste et solitaire, c’est ainsi que tu la vis,
Comme la promesse d’une autre vie…
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Mais qu’as-tu fait pour en arriver là ?
Qu’as-tu dit pour qu’on s’en prenne à toi ?
Petit Porc, tu n’avais rien demandé.
Tu étais calme, et tout le monde semblait t’aimer.
Des faux-semblants, des semblants de réalité.
Et toi, tu ne passais tes journées qu’à manger.Dans la boue, tu aimais te rouler.
Les gens d’ailleurs, riaient de toi.
Parfois même, gesticulaient de joie.
Roule, Roule. Et les gens ne cesseront de t’acclamer.Les yeux-gadoue, tournant en rond toute la journée,
Espérant qu’un jour on te remarque.
Des tours, tu en avais en stock, en inventais à longueur d’année.
Pour enfin pouvoir en faire des spectacles.Du bout du nez, tu les dévisageais,
Ces gens, quand aux larmes ils riaient,
Petit clown triste dans ton enclos,
Seul, dans ta gadoue, tu étais si rigolo.Les gens t’aimaient,
Accompagné de petites carottes et de beaux navets.
Mais ça, toi tu l’ignorais,
Ou préférais ne pas l’envisager.La queue en tir bouchon,
Les yeux humides et ronds,
Tu te prenais pour un saumon.
Comme un présage de ce qu’il allait t’arriver.
Tu aurais voulu fuir,
Mais le subterfuge ne pouvait pas les tromper.
Quand roses et affriolants, tes jambonneaux avaient mouchardés.Petit porc, tu étais mignon.
Les gens t’aimaient, te respectaient parce qu’ils te trouvaient bon.
Tu étais petit, tu étais sain.
Petit ange qui n’avait rien à se reprocher.
Petit cochon trognon, petit porcinet.Pourquoi a-t-il fallu que tu te mettes à éternuer ?
Tu étais si tranquille, dans ton enclos, à espérer.
Tous aimaient ton petit groin, petit porcin.
Et toi, tu ne demandais rien.Si, peut être te réveiller un matin dans un petit corps sain.
Aujourd’hui, tout le monde se moque de toi.
Toi qui roulait, roulait, roulait, mais pas pour en arriver là.
C’est à en perdre la raison.
Petit porcinet qui jamais plus ne reverra sa maison.
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Poussinet, tu es un grand à présent.
Tu n’as plus peur de rien.
Tu n’es plus un enfant.
Quand tu t’éloignes des tiens,
Tu ne t’inquiètes plus de ce qu’il peut t’arriver.
Normal, tu n’es plus un bébé.Poussinet, tu es si gay.
Tu es si laid.
Poussinet, tu baguenaudes sans crier gare.
Tu cours pourtant un grand danger.
Mais, tu sembles en rigoler.“Poussinet, derrière-toi !”
Tu ne l’avais pas vu celui-là.
Il m’a l’air bien affamé.
Je crois malheureusement que tu n’en reviendras pas.Poussinet, moi, je t’aimais bien.
Même si tu étais laid,
Oui, si vilain.Ne t’inquiète pas, je penserai à toi.
Même que je préviendrai ta maman.
Cette cocotte que j’assaisonnerai lentement.Poussinet, ne t’inquiète pas.
Surtout pas…
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Mélancolique, douloureux , poétique…
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Ahhh, ces petits instants privilégiés…
Merci Monsieur Poelvoorde !!
Publié dans Par-delà Everywhere | Taggé amour, Benoit, humour, intellectuel, littérature, livre, Poelvoorde, réflexion | 3 Commentaires »
Il s’affalait las, devant moi.
Là, cet ami de toujours,
Toujours aussi long,
Toujours aussi froid.
Il m’observait maladroitement,
Avait remarqué quelque chose manifestement.Mais pourquoi restait-il silencieux ?
Pour ne pas m’embarrasser.
Pour ne pas me blesser.
Et c’était tant mieux.
Je n’aimais pas qu’on soit désagréable.Mais pourtant, je lui priais de se mettre à table.
Il se tue, se terra dans son silence.
Je lui fis une de mes pires grimaces.
Sa réaction fut sans semonce,
Décochant bien plus qu’un sourire,
Il manqua presque de trébucher.
Son masque dégoûtant venait de s’évanouir.
Et du même coup, je me sentais rassurée.
Publié dans Par-delà Everywhere | Taggé croquis, dessin, fillette, gravure, poésie, serpent | 17 Commentaires »
Et voilà, c’est parti pour une nouvelle session des 24h de la BD d’Angoulême.
450 personnes qui s’en donnent à coeur-joie, tentant de rivaliser d’imagination pour faire partager au plus grand nombre une passion commune.
Le thème : L’histoire doit être muette et se dérouler dans un musée.
>>> Soupir, exténuation et résultat : voici mes planches <<<
Alors, comme d’habitude dans ce genre d’évènement, on part avec des bonnes intentions. La pression monte au fur et à mesure. L’art du dessin brut. L’art des pulsions créatives. De l’instinct d’abnégation à l’enrichissement… Puis, vient un certain apaisement… Quand les idées viennent d’elles-même. Quand le trait paraît évident. On essaie de poster nos planches régulièrement afin que les gens qui nous suivent en direct puissent en profiter au maximum.
Et finalement, on en voit le bout. Le temps ressurgit. Où était-il passé ? Sinistré, il renaît de nulle part. On est dans une démarche productive riche en émotions. Et quand, malgré toutes les imperfections, j’observe mon travail, ce n’est pas sans une certaine sédition. Car avec un léger recul, je me demande comment cela est possible…
… Puis j’oublie…
Mais comment peut-on s’endormir sur une expérience aussi incroyable ?!
La fatigue peut être…
Publié dans Les BDs Keloù | Taggé 2009, 24h, Angoulême, bd, comics | 18 Commentaires »
Mattias Adolfsson est un illustrateur suédois virtuose de l’imaginaire farfelus. Des univers colorés, inventifs et poétiques qui se laissent dévorer des yeux.
Ce petit fanart perso est là pour en témoigner.
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